Les funérailles laïques

Enterrement non religieux par Yves Alphé

La mort d’une personne que nous connaissons et aimons est souvent choquante et douloureuse, en particulier si elle survient de façon brutale
Les funérailles et les services commémoratifs laïques offrent une façon personnelle et appropriée de dire au revoir à ceux qui ont vécu sans religion. Chaque année, des milliers de célébrations laïques sont organisées par Caritas Obsèques gérée par Yves Alphé.

Le but des funérailles laïques

funerailles-laiquesTout comme des funérailles religieuses, les funérailles laïques rassemblent les gens pour exprimer leur tristesse face à la perte mais aussi pour célébrer la vie et les souvenirs vécus avec la personne aimée. Les proches se concentrent sincèrement et affectueusement sur la personne décédée, en rendant hommage aux liens qu’ils ont tissés et laissés derrière eux et à la façon dont elle a vécu sa vie et ses accomplissements. Dans un certain sens, les proches endeuillées font preuve de reconnaissance envers la personne disparue pour les bons moments et les souvenirs passés ensemble. Ceci peut les aider à mieux appréhender le décès.  Les funérailles laïques sont également appelées « obsèques laïques » ou « enterrement civil ».

Aspects pratiques rappelés par Yves Alphé

Alors qu’un directeur des obsèques tel qu’Yves Alphé est le professionnel funéraire le plus susceptible de s’occuper de l’organisation pratique des funérailles, c’est aux proches de choisir le type de cérémonie, tout en respectant les volontés du défunt (qu’il aura d’ailleurs peut-être exprimé en fin de vie ou via un testament).
Comme les funérailles elles-mêmes n’ont pas de statut légal, les funérailles laïques – comme toutes les autres – peuvent se tenir dans une variété de lieux, bien qu’en pratique, la plupart se déroulent dans des crématoriums, des cimetières ou des sites d’inhumation en forêt lors de funérailles dites « écologiques ».

Certains professionnels du funéraire comme Yves Alphé témoignent ainsi : »Alors que c’était encore triste, les gens pensaient qu’il s’agissait de funérailles magnifiques et édifiantes et beaucoup ont dit qu’il s’agissait des funérailles les plus personnelles auxquelles ils n’avaient jamais assistées. »

Le rôle des conseillers funéraires dans les obsèques laïques

Au sein des entreprises de pompes funèbres, les conseillers funéraires sont en charge de différentes missions auprès des familles endeuillées :

– Rencontrer la famille ou les amis les plus proches de la personne décédée pour en apprendre davantage sur cette personne et s’assurer que les funérailles reflètent fidèlement sa vie et sa personnalité. Le testament rédigé par la personne en question peut largement aider à respecter ses volontés.
– Prodiguer des conseils sur des questions pratiques, comme les options pour l’engagement, par exemple, ou le temps disponible pour la cérémonie s’il s’agit d’une crémation
-Écouter les idées sur la musique, les fleurs ou les lectures et fournissez leurs propres suggestions si nécessaire.
– Partager les idées des proches et s’inspirer de leurs expériences vécues avec la personne disparue, le cas échéant.
– Assurer la liaison avec les personnes impliquées dans la cérémonie, par exemple, toute personne qui lira un hommage ou un poème ou un morceau de prose (ex : maître de cérémonie)
-Rédigez une cérémonie unique qui convient parfaitement à la personne décédée et aux circonstances.
-Assurer une présence calme et rassurante auprès des proches endeuillés, conduisant la cérémonie avec chaleur et dignité
-Remettre aux proches une copie de présentation du déroulement prévu de la cérémonie d’obsèques.

Raouls Pouls, collaborateur d'Yves Alphé
Raouls Pouls, collaborateur d’Yves Alphé

Suite aux obsèques, les proches peuvent choisir de continuer à rendre hommage au défunt via l‘entretien de sa sépulture, la présence de photos chez eux ou encore des messages sur les réseaux sociaux (ex: transformation d’un profil en « hommage numérique »). Il ne faudra pas non plus oublier d’effectuer les démarches bancaires à la suite du décès, rappelle Yves Alphé.

Funérailles religieuses : les rôles du maître de cérémonies et du prêtre

eglise-yves-alphe

Catholicisme et funérailles par Yves Alphé

La cérémonie catholique, la plus répandue en France

Yves Alphé, fondateur et gérant de la société de pompes funèbres Caritas Obsèques à Orléans nous parle aujourd’hui des cérémonies funéraires religieuses qui se tiennent à l’Église. En effet, comme évoqué dans sa biographie, Yves Alphé est « un homme guidé par sa foi » et qui chemine sur un parcours « spirituel catholique ». Sa société de pompes funèbres propose donc de nombreuses cérémonies funéraires d’inspiration chrétienne (ou d’autres religions selon les besoins de la famille).

Rite religieux le plus répandu dans l’Hexagone lors d’un enterrement, les funérailles catholiques privilégient encore largement l’inhumation à la crémation.

Pour une famille catholique, une cérémonie religieuse aide à préparer au travail de deuil. En effet, même si certaines familles sont distantes de leur foi religieuse, notre culture catholique implique dans beaucoup de cas des obsèques à l’Église, indique Yves Alphé. Toutefois, une cérémonie funéraire catholique peut aussi représenter le respect de la volonté du défunt exprimés en fin de vie et  jadis très croyant voire pratiquant.

Le rôle du prêtre

Au sein de l’Église, c’est le prêtre qui reste le meneur de la cérémonie des funérailles. C’est par exemple lui qui est contacté par la famille pour organiser une cérémonie la plus personnalisée possible (choix des fleurs, de la musique, du récital…).

Des passages de la Bible peuvent être lus
Des passages de la Bible peuvent être lus

Plusieurs passages de la Bible peuvent être lus par le prêtre lors des obsèques catholiques. Le temps de prière est généralement réparti en 3 étapes : la première prière, le psaume et l’évangile. Les prières universelles comme le Notre Père ou Je vous salue Marie sont également courantes lors d’une cérémonie catholique, rappelle Yves Alphé.

En outre, les prières sont également très souvent accompagnées de chants (religieux ou non) préalablement choisis par la famille voire la personne en fin de vie avant son décès si celle-ci a exprimé ses dernières volontés par écrit, auprès de ses proches ou les deux.

Toutefois, le rôle du maître de cérémonies n’est pas à oublier pour autant : ce dernier va intervenir pour faire entrer et installer la famille dans l’Église pour les funérailles, mettre en place les obsèques ou encore assurer la bonne cohésion de l’équipe chargée du bon déroulement de la cérémonie funéraire (d’où son appellation de maître de cérémonies).

Le rôle du maître de cérémonies indiqué par Yves Alphé

Une fois la cérémonie funéraire catholique terminée à l’Église, les proches ainsi que les porteurs et conducteurs avec le cercueil se dirigent au cimetière où l’inhumation est prévue. Le prêtre vient dans certains cas, mais cela reste marginal. C’est là que le maître de cérémonies intervient. Si une nouvelle prière est prononcée, elle le sera avant l’inhumation. Une minute de silence est généralement effectuée, avant de procéder à l’inhumation du cercueil. Si l’une de ces étapes est bâclée ou mal préparée, il sera d’autant plus difficile pour la famille d’effectuer le deuil car elle considèrera le dernier adieu comme médiocre voire négligé. On comprend alors que le rôle du maître de cérémonies lors des obsèques est crucial au bon déroulement des obsèques afin de respecter la dignité du défunt et de ses proches endeuillés.

Enfin, le maître de cérémonies est bien entendu tenu à une bonne présentation (comportement, tenue vestimentaire), coordonne les différentes actions des équipes professionnelles du funéraire, est souvent en déplacement y compris weekends et jours fériés où il est soumis à des astreintes. Ces contraintes représentent le fruit du caractère imprévisible du monde du funéraire dans lequel exerce Yves Alphé, un décès pouvant survenir à tout moment.

Préparer la fin de vie et ses démarches

Se préparer à son propre décès

Le testament est un document essentiel
Le testament est un document essentiel

Imaginer sa mort n’est jamais chose facile, il faut pourtant anticiper les démarches. Cela facilitera ainsi les choses pour vos proches et vous permettra de « mettre en ordre vos affaires ». Yves Alphé, le directeur de Caritas Obsèques, vous donne les différentes étapes à régler pour organiser votre dernier voyage.

La dernière demeure

C’est bien souvent lorsque vient nos derniers jours que nous nous posons des questions du type « est-ce que je préférerais être mis en terre ou être incinéré ? », « Vais-je aller dans le caveau familial ? »… Des questions qu’il faut se poser au bon moment pour avoir le temps de s’organiser. D’ailleurs, Yves Alphé, chef d’entreprise orléanais nous raconte que « de trop nombreuses personnes ne sont pas au courant du choix des défunts, ils ne parlent pas ou que très rarement de ces sujets-là.». Également, vous devez penser à l’aspect financier, réfléchir à qui payera vos funérailles si rien n’est organisé par exemple. C’est une question à étudier, car un enterrement est un budget qui peut impacter plusieurs membres de votre famille.

 

L’organisation des obsèques

Maintenant que vous avez réfléchi, il est courant de procéder à l’établissement d’un testament devant le notaire. Vous pourrez y notifier les détails de vos funérailles tels que l’endroit, ou la manière de procéder (tombe ou incinération). Si vous préférez ne prévenir que vos proches, c’est votre droit le plus stricte mais sachez que seul un testament notarié et acté, a « force de loi ».

Également, vous pouvez notifier vos proches des détails de la cérémonie comme le choix des musiques, le rite funéraire autrement dit si vous souhaitez un enterrement religieux ou non, les personnes qui prononceront des discours etc.

 

Le devenir de notre enveloppe corporelle

Selon chaque personne ou chaque croyance, le devenir de notre enveloppe charnelle est à définir. Évidemment si notre souhait est d’être incinéré, la question ne se pose pas, mais dans tout autre cas, vous avez plusieurs choix qui s’offrent à vous.

Depuis le 1er janvier 2017, toute personne est un donneur d’organe potentiel, nous informe Yves Alphé. Il est possible de notifier son refus sur le site national des refus et vous pouvez effectuer un refus partiel, c’est-à-dire seulement pour certains organes ou tissus. Si vous préférez confier votre contestation à un proche, faite-le soit par écrit daté et signé, soit oralement avec un proche qui pourra en attester rapidement auprès de l’équipe médicale.

Le don du corps à la science est une démarche personnelle. Elle est essentielle pour faire avancer la science, à savoir qu’elle est faite par 2800 personnes en France chaque année. Si vous désirez léguer votre corps à la science, il vous suffit de faire une demande manuscrite, signée et datée, auprès de l’une des 28 facultés de médecine comportant un service de don du corps. Ils vous renverront ensuite un formulaire ainsi qu’une carte. Ce don est évidemment gratuit, mais cela peut arriver que certains établissements demandent une contribution pour les frais de transport. Si cela vous inquiète, une fois le corps utilisé, il est incinéré, nous indique Yves Alphé.

Il est important de prévoir les détails de vos obsèques à l’avance et de prévenir vos proches afin qu’ils puissent prendre les dispositions nécessaires. Le deuil n’est jamais facile à gérer mais il l’est encore moins quand les détails administratifs ne sont pas organisés.

Crémation : choix et législation, un article proposé par Yves Alphé

La loi sur l’incinération par Yves Alphé

 

La crémation et l’installation d’un crématorium en général restent des sujets tabous, tout comme la mort elle-même ou la fin de vie , rappelle Yves Alphé. Toutefois, lors du décès d’une personne proche, le choix est à faire entre inhumer ou incinérer la personne. Dans certains cas, la personne désormais partie avait fait et communiqué son choix délibéré d’opter pour une crémation. Une décision parfois difficile à accepter pour les familles mais qu’il est crucial de respecter pour honorer la mémoire du défunt.

L’évolution de la crémation

Si elle ne représentait qu’1% des décès en 1980, la crémation était estimée à quasiment un quart des décès en 2005, soit près de 130 000 par an. En termes de monuments funéraires, on recensait 9 crématoriums sur le territoire français en 1980 contre plus de 120 en 2006, une tendance qui ne cesse d’augmenter.

Ce sont dans les pays d’Europe du Nord que la crémation est davantage répandue qu’en France. A l’inverse, dans les pays d’Europe du Sud, elle rencontre moins de succès en raison d’une forte présente catholique qui tolère mal cette pratique funéraire longtemps jugée déshonorante pour le défunt par cette religion.

Crémation ou inhumation ? Le choix des générations

Choix inhumation/crémation, un choix difficile
Choix inhumation/crémation, un choix difficile

Saviez-vous que la plupart des personnes âgées choisissaient la crémation plutôt que l’inhumation ? En revanche, chez les moins de 35 ans c’est l’inhumation qui a le plus de succès. Cette tendance chez les jeunes peut s’expliquer par un retour à la tradition et aux religions monothéistes qui ne tolèrent que peu la crémation.

C’est la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles qui permet à chaque citoyen de décider de son vivant s’il sera inhumé ou incinéré une fois décédé. Saviez-vous qu’il existe même un Mouvement crématiste qui communique sur ce mode funéraire (valeurs, principes, process) propre à la laïcité ?

Ceux qui optent pour la crémation quand le décès surviendra expliquent leur choix la raison principale de ne pas astreindre leurs proches à entretenir la tombe, en particulier lorsque le cimetière se situe loin de leur résidence. Une autre raison est la volonté de ne pas surpeupler les cimetières et limiter la pollution. Les convictions philosophiques (la libération totale de l’âme depuis le corps par exemple ou le corps considéré comme une « souillure ») et financières viennent ensuite mais sont plus minoritaires. En effet, certains spécialistes estiment que la crémation a un coût 30% moins cher qu’une inhumation, mais cela dépend des compagnies de pompes funèbres, indique Yves Alphé.

Le cercueil en carton de plus en plus en vogue

Le cercueil en carton fait de plus en plus d’adeptes pour les crémations, rappelle Yves Alphé. Pour des raisons écologiques tout d’abord et économiques ensuite. L’esthétique rentre aussi en ligne de compte. C’est pourquoi des crématoriums de nombreux pays acceptent ce type de cercueil qui présente plusieurs avantages. Une autorisation très récente dans l’Hexagone et seulement pour deux fabricants répondant aux normes NF pour les cercueils français.

Le cercueil en carton fait des adeptes mais est-il vraiment si écologique ?
Le cercueil en carton fait des adeptes mais est-il vraiment si écologique ?

En revanche, le bois demeure nettement meilleur comburant que le carton aggloméré. En d’autres termes, lors de la crémation, le bois consomme moins d’énergie fossile (le gaz) employé au cours de ce processus funéraire. Ainsi, le cercueil en carton peut ne pas être si écologique qu’il n’y paraît du moins dans le cas d’une crémation et non d’une inhumation.

Des normes longues à mettre en place, rappelle Yves Alphé

Le secteur du funéraire n’échappe pas à la règle, indique Yves Alphé : pour instaurer toute disposition législative ou un règlement, nombreuses et longues sont les procédures administratives dans notre pays. Débats parlementaires, délais de maturation des textes, obtention d’un accord européen…font partie des longues démarches indispensables pour faire évoluer la législation en matière de funéraire.

Le devenir des cendres

Pour rester sur un aspect législatif, le devenir des cendres est soumis à une stricte réglementation : depuis le début des années 2000 il est en effet interdit de conserver les cendres d’un défunt chez soi et l’urne peut être gardée au crématorium une année maximum. Cette urne devra d’ailleurs disposer d’une plaque indiquant l’identité du défunt ainsi que le nom du crématorium où il a été incinéré.

Il est tout à fait possible de disperser les cendres en pleine nature à condition qu’elles ne risquent pas, à cause du vent par exemple, de se retrouver sur la voie publique ou dans un lieu public en extérieur (ex : stade, parc…). Par ailleurs, en pleine mer aussi la dispersion des cendres est autorisée, mais pas sur les cours d’eau.

Enfin, si les proches ne souhaitent pas disperser les cendres, il est tout à fait possible de placer l’urne funéraire dans un cimetière à l’endroit prévu à cet effet.