Suite à la crémation d’une personne disparue, certains proches font le choix de placer l’urne dans un columbarium, lieu spécifiquement prévu à cet effet, ou de disperser les cendres dans un jardin du souvenir.

Yves Alphé vous a précédemment parlé des droits et interdictions en matière de dispersion des cendres. En revanche, qu’en est-il de la dispersion en mer ? Ce lieu favorisé par de nombreuses familles pour la dispersion des cendres est soumis à une réglementation qu’Yves Alphé vous présente maintenant.

Les modes de dispersion

Trois grands modes de dispersion des cendres en mer existent, indique Yves Alphé, professionnel du monde funéraire. On peut ainsi répandre les cendres à la surface de l’eau. Un double avantage : l’urne n’a pas besoin d’être biodégradable et tous les proches peuvent assister à cet ultime hommage depuis la côte.

Il est également possible d’immerger l’urne dans l’eau de mer, celle-ci suivra le cours des flots. En revanche, pour cette option, l’urne devra être biodégradable pour ne pas créer de déchets. Dans les faits, rappelle Yves Alphé, l’urne peut être en pâte à sel, carton, sable, bois ou argile.

Enfin, certains proches décident de disperser les centres en mer en profondeur (15 mètres) au travers d’une grotte ou cavité par exemple. Ainsi, nul besoin de plonger dans les eaux profondes pour la dispersion suite à la crémation. Le lieu étant fixe, les proches pourront venir se recueillir sur le lieu de dispersion s’ils le souhaitent, indique Yves Alphé.

Les fleurs peuvent accompagner la cérémonie, précise Yves ALphé
Les fleurs peuvent accompagner la cérémonie, précise Yves ALphé

Afin d’accompagner la cérémonie, quel que soit le moyen choisi, une musique, un lancer de fleurs ou la lecture d’un discours ou poème peut accompagner le rituel.

La réglementation : indications par Yves Alphé

C’est la réglementation maritime qui se charge de légiférer sur la dispersion des cendres d’un défunt en mer. Plus précisément, indique Yves Alphé, la loi du 2 Janvier 1986 et l’article L 2213-23 du Code des Collectivité Territoriales sont les textes qui règlementent cette activité funéraire.

L'urne doit être biodégradable si plongée dans l'eau
L’urne doit être biodégradable si plongée dans l’eau

Tout d’abord, la dispersion doit se faire au minimum à 300 mètres des côtes. Ensuite, si les proches optent pour l’immersion de l’urne dans l’eau, alors cela devra se faire à 6 kilomètres du littoral. Cette décision est obligatoire pour ne pas que l’urne ne soit prise dans les filets des chalutiers ou ne soit ramenée à la côté par les courants.
Par ailleurs, c’est en mer et non sur la page ou la rive, que les cendres devront être dispersées.

Enfin, d’un point de vue plus aquatique, le cendres peuvent être dispersées en mer mais pas dans certains courts d’eau tels que les rivières, fleuves et torrents car ils sont associés à la voie publique, lieu où la dispersion des cendres du défunt n’est pas autorisée, rappelle Yves Alphé.

Les démarches nécessaires

Avant de procéder à la dispersion en mer, plusieurs démarches sont nécessaires. Il faut tout d’abord indiquer à la mairie de la commune du défunt date et lieu de la dispersion.

La commune où se situe le port d’attache du bateau (parfois la même que la mairie, précise Yves Alphé) devra également être la même. Certaines entreprises spécialistes du voyage en mer proposent des prestations funéraires de dispersion de cendres en mer.